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Le DPE continuera d’évoluer : au programme, le bâti ancien et le confort d’été
26 Janvier 2026

Le DPE continuera d’évoluer : au programme, le bâti ancien et le confort d’été

La réforme du coefficient d’énergie primaire de l’électricité (CEP) entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2026 ne constitue qu’une nouvelle étape dans l’adaptation continue du diagnostic de performance énergétique (DPE), instrument de diagnostic vivant qui suit les évolutions techniques, climatiques et sociétales. Ainsi, plusieurs chantiers restent ouverts pour affiner les résultats de cet outil devenu essentiel dans la politique de rénovation énergétique menée par les pouvoirs publics. Les professionnels du secteur, dont les diagnostiqueurs immobiliers, anticipent d’ores et déjà de nouvelles modifications pour mieux tenir compte des spécificités du patrimoine architectural français et des défis climatiques émergents. Cela leur permet de maintenir leurs compétences et d’accompagner efficacement leurs clients dans la compréhension de ces enjeux complexes.

DPE des immeubles bâtis anciens : le bâti d’avant 1948 requiert une méthode plus adaptée

Les acteurs du patrimoine bâti français et de la rénovation énergétique soulignent depuis plusieurs années les limites de la méthode actuelle d’évaluation de la performance énergétique des constructions anciennes. Le calcul standardisé de la méthode 3CL-DPE, conçu initialement pour des bâtiments contemporains, ne considère pas à leur juste valeur les qualités intrinsèques des techniques constructives traditionnelles. L’inertie thermique des murs épais, la régulation naturelle de l’humidité, la ventilation par des défauts d’étanchéité maîtrisés constituent autant de caractéristiques mal valorisées par l’algorithme actuel. Les maisons en pierre, les immeubles haussmanniens, les bâtisses rurales traditionnelles, etc., sont souvent pénalisés par un DPE qui privilégie les standards d’isolation moderne.

Pourtant, ces constructions offrent fréquemment un confort thermique réel et des consommations énergétiques raisonnables grâce à des principes bioclimatiques avérés. Le gouvernement a reconnu cette problématique et a commencé à en tenir compte, notamment lors de la publication en mars 2025 du Guide diagnostic de performance énergétique et audit énergétique dans les logements – Travaux d’amélioration de la performance énergétique élaboré par le Cerema. Toutefois, des réflexions sont toujours en cours pour développer une approche plus respectueuse de ces spécificités. Une proposition de loi déjà adoptée par le Sénat est toujours en attente à l’Assemblée nationale depuis le 20 mars 2025.

Il faut avouer que cette adaptation nécessite un travail méthodologique complexe. Il ne s’agit pas en effet d’assouplir simplement les critères, mais de construire une grille d’analyse qui reconnaisse les performances réelles de ces bâtiments et encourage les améliorations pertinentes. De plus, les interventions sur le bâti ancien exigent une expertise particulière pour ne pas dégrader les qualités existantes ou créer de nouveaux désordres. Un DPE mieux calibré orienterait les propriétaires d’immeubles bâtis anciens vers des travaux véritablement adaptés.

Le confort d’été, un autre chantier du DPE aux enjeux climatiques majeurs

Le réchauffement climatique est une autre problématique importante dans l’évaluation de la performance des logements. Si l’isolation et le chauffage demeurent essentiels, la capacité d’un immeuble bâti à maintenir des températures supportables durant les vagues de forte chaleur est également primordiale. L’indicateur de confort d’été introduit dans le DPE depuis juillet 2021 apparaît déjà insuffisant face à l’intensification des épisodes caniculaires.

Les professionnels constatent que cet indicateur, purement informatif et non intégré au calcul des étiquettes du DPE, reste peu exploité, alors qu’il devrait être amélioré pour refléter plus fidèlement les risques de surchauffe. Cette évolution prochaine pourrait se concrétiser par une notation spécifique ou l’intégration de critères de confort d’été dans l’évaluation globale. Cette avancée valoriserait les logements bien conçus pour résister aux canicules et identifierait les logements particulièrement vulnérables. Elle permettrait aussi d’établir des recommandations de travaux réellement efficaces pour améliorer le confort d’été avec des solutions écoresponsables qui limiteraient l’installation systématique de climatiseurs énergivores qui aggravent le phénomène de réchauffement.